La semaine dernière, lorsque eBay a été condamné à une amende record de prêt de 40 millions d'euros (eBay a d'ailleurs indiqué qu'elle ne la paiera pas, il n'y a finalement pas que sur son site qu'eBay applique sa propre loi), j'ai lu sur plusieurs articles que LVMH louait l'attitude d'autres sites de vente en ligne ayant "accepté le principe de précaution et effectuant des contrôles", citant PriceMinister. Et pour cause ! Récit...
J'aime bien acheter des livres sur PriceMinister, j'estime qu'il s'agit d'une meilleure plate-forme d'achat / vente pour les produits culturels que ne l'est eBay, il m'arrive aussi de revendre mes livres après leur lecture... pour m'en acheter d'autres ! C'est ce que je décide de faire la semaine dernière, en souhaitant utiliser les quelques euros, résultants de mes dernières ventes. Je m'aperçois alors avec surprise que mon crédit est nul, et que mon compte vendeur est suspendu (étrangement, mon compte "acheteur" ne l'est pas, aucun soucis pour acheter mon livre !). Dans l'historique de mon "porte monnaie électronique", je découvre un débit de 7 euros (la somme qui me restait), avec comme intitulé "Pénalité contrefaçon" ! D'abord étonné, n'ayant vendu que des livres, je me souviens que mon amie avait utilisé mon compte pour mettre en vente un parfum (ne me demandez pas la marque, mais c'est du LVMH !). Ce parfum est 100 % authentique, ayant été acheté par ses soins dans un "circuit de distribution autorisé". De plus, mon amie l'a elle même retirée de la vente, ne souhaitant finalement plus le vendre !
Choqué par ces méthodes (suspension de compte, extorsion de fonds, pas le moindre e-mail d'explications ou d'informations, ...), je contact le service PriceMinister (il serait d'ailleurs judicieux d'envisager un système de tickets, parceque le support de contact n'est pas top). Après les quelques échanges de réponses automatiques ne répondant en rien à mes questions, mon interlocuteur m'explique que je dois faxer une facture originale pour recouvrer mes fonds, un comble ! Le parfum n'a pas été vendu, il n'y avait même pas de photos sur l'annonce, sur quels fondements peuvent-t-ils douter de l'authenticité de l'article ? Etant donné le nombre de faux circulants sur internet, je veux bien que les sites de ventes exigent que les articles de luxe ne puissent être vendus qu'avec la présence d'une preuve d'achat, mais le blocage de fond me semble être une méthode bien douteuse.
Pour revenir à mon histoire (désolé de parler autant de moi), mon amie a le parfum en sa possession, la facture n'a pas survécu à son départ en année de césure en Norvège durant lesquels elle s'est séparée de tonnes (au moins, je l'ai senti passé !), de cours et autres documents, et sans doute la fameuse facture avec... Inutile de préciser que je peux dire adieu à mes quelques euros.
Autant je suis un grand admirateur du modèle PriceMinister et de son fondateur PKM, autant je trouve que cette façon de procéder, au nom de la sacro-sainte lutte contre la contrefaçon, purement scandaleuse et sans doute plus que border line au niveau juridique. Pour la forme, et même si la somme en jeu est dérisoire, je vais sans doute déposer une plainte à la DGCCRF, ou en informer UFC Que Choisir, même si je sais que ça n'aboutira pas à grand chose.